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La rotation banane-canne-banane : un système de culture prometteur sur la zone de Capesterre [Thème 3 - Session 5]

Poser C.. 2004. In : La canne une passion à partager : rencontres internationales pluridisciplinaires octobre 2002. Piton Saint-Leu : Seml Reunion Museo, 18 p.. Colloque sur les Perspectives de développement de la canne à sucre en milieu insulaire, 2002-10-02/2002-10-05, Stella Matutina (Réunion).

La monoculture intensive mécanisée de banane sur la Région de Capesterre en Guadeloupe est à l'origine d'une dégradation physico-chimique du sol (semelle de labour, compaction, anoxie...) et de l'émergence de parasites telluriques (nématodes, charançons...) dont l'activité fait baisser les rendements et la longévité des bananeraies. Or, les fortes pressions écologiques obligent à réduire l'utilisation des pesticides usuels. Dans une conjoncture de concurrence internationale peu propice aux investissements, la filière banane guadeloupéenne est fragilisée. Depuis 1998, près de 200 ha sous banane sont concernés par un schéma d'assolement banane-canne-banane et les premiers résultats de rotation sont encourageants, tant du point de vue agronomique qu'économique. Outre l'aspect assainissant vis-à-vis des parasites telluriques (en cours d'étude au CIRAD-FLHOR), l'introduction d'un cycle court de canne à sucre permet de réduire d'ores et déjà de près de 25% la charge polluante. Les conditions climatiques qui prévalent dans la région de Capesterre sont propices à la production de canne à hauts rendements (près de 110 t/ha de moyenne), pour les distilleries, la sucrerie, mais également la fourniture de boutures de qualité tout au long de l'année. Un recensement exhaustif des parcelles et des pratiques sur la commune de Capesterre a été établi et nous a permis, d'une part, d'alimenter une base de données géoréférencée (en vue d'études statistiques, d'édition de cartes, d'essais orientés...) mais, d'autre part, de comprendre les motivations et les craintes des exploitants agricoles face à cette nouvelle activité. Par ailleurs, une étude a été entreprise afin de vérifier l'effet améliorateur du système racinaire de canne à sucre sur la structure dégradée des sols de cette région. Les observations macroscopiques des différents états des profils culturaux associés à la géométrie des systèmes racinaires correspondants, nous ont permis de démontrer qu'il existe une relation étroite entre le travail des racines de canne et la restructuration des sols. La canne à sucre représenterait bien un moyen d'améliorer la structure des sols, à condition de modifier les itinéraires techniques actuels.

Mots-clés : musa (bananes); dégradation du sol; rotation culturale; canne à sucre; gestion du sol; agriculteur; motivation; guadeloupe; france

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