Publications des agents du Cirad

Cirad

Les réseaux sociaux au secours de l'Etat pour l'approvisionnement en semences des paysans : [Finances et services]

Bazile D., Coulibaly H., Soumaré M.. 2005. In : Les institutions du développement durable des agricultures du Sud : journées SFER de Montpellier, 7-9 novembre 2005. Paris : SFER, 19 p.. Journées SFER 2005 sur les institutions du développement durable des agricultures du Sud, 2005-11-07/2005-11-09, Montpellier (France).

A partir des variétés locales collectées lors de campagnes de prospections nationales, les centres de recherche agronomique développent des variétés améliorées. Les services de l'Etat se chargent ensuite de la diffusion des semences auprès des paysans. Mais il apparaît d'une part que le budget de l'Etat des pays du Sud ne permet pas ni de conserver dans de bonnes conditions les variétés acquises ni de poursuivre et d'achever ce travail d'inventaire. Et d'autre part, le service semencier national est incapable diffuser l'information en milieu rural sur les nouvelles variétés dans un pays où les moyens de communications sont extrêmement limités. Il en ressort que les variétés améliorées représentent aujourd'hui moins de 5% des surfaces cultivées en sorgho et en mil au Mali. Pour pallier aux insuffisances de l'Etat pour l'approvisionnement en semences de qualité des paysans, un système informel basé sur les réseaux sociaux existants s'est développé. Il permet la gestion collective d'un grand nombre de variétés traditionnelles utilisées ensuite selon les stratégies individuelles propres à chaque exploitation. Le système traditionnel de gestion des semences permet ainsi une utilisation de la biodiversité pour des stratégies individuelles de production sans la contrainte de la gestion en propre d'un grand nombre de variétés. La conservation des écotypes est gérée de façon collective (bien commun) et les systèmes d'échanges non marchands permettent à chaque individu d'accéder aux ressources génétiques. Le fait que ces échanges sont gratuits constitue un des fondements de la solidarité des sociétés traditionnelles face aux difficultés du milieu. La structuration actuelle des organisations paysannes développe maintenant un réseau intermédiaire entre le système formel de l'Etat et le système informel des paysans. Elles constituent désormais un pont entre les deux systèmes en maintenant les réseaux informels et y introduisant des variétés améliorées par un accès à l'information du système semencier national.

Mots-clés : semence; collecte de semences; service public; secteur informel; variété indigène; conservation des ressources; céréale; organisation paysanne; mali; stratégie paysanne; Échange de matériau de multiplication

Communication de congrès

Agents Cirad, auteurs de cette publication :