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Compréhension des mécanismes de transmission hôte/vecteur d'Ehrlichia ruminantium par une approche en conditions contrôlées : application aux observations de terrain

Raliniaina M., Pinarello V., Aprelon R., Sheikboudou C., Kandassamy Y., Adakal H., Stachurski F., Lefrançois T., Martinez D., Vachiery N.. 2011. In : Circulation des zoonoses et des parasitoses dans l'océan indien. Colloque Conjoint Parasitologie-Célébration Vet 2011, 9-11/11/2011 : résumés des communications. Antananarivo : Académie malgache, p. 28-28. Colloque Conjoint Parasitologie-Célébration Vet 2011, 2011-11-09/2011-11-11, Antananarive (Madagascar).

La cowdriose (Heartwater), maladie infectieuse des ruminants domestiques et sauvages transmise par des tiques du genre Amblyomma, est causée par la rickettsie Ehrlichia ruminantium. L'élevage dans les zones de répartition géographique de la maladie, Afrique subsaharienne, certaines îles des Antilles et les îles Mascareignes, enregistre des pertes économiques liées aux mortalités, aux traitements des malades et à l'utilisation des acaricides visant à diminuer les risques de transmission. Cependant cette méthode de lutte contre les tiques n'assure pas une bonne protection contre la maladie. La vaccination constituerait une méthode de protection efficace mais sa mise au point est contrecarrée par l'existence d'une importante diversité génétique et antigénique des souches d'E. ruminantium sur le terrain. Les différents essais de vaccination réalisés en milieu réel et en conditions contrôlées montrent, en effet, une bonne protection contre la souche homologue mais des réponses variées contre les autres souches. Lors de l'évaluation d'un vaccin inactivé au Burkina Faso, l'examen des cerveaux des moutons morts de cowdriose avait révélé qu'une faible proportion des animaux (31%) présentait plusieurs souches différentes malgré le grand nombre de génotypes circulants (7 à 11génotypes map1, gène codant pour le Major Antigenic Protein 1). La proportion de tiques A. variegatum récoltées sur ces animaux et présentant la même caractéristique était encore plus faible (18 %). L'influence que peuvent avoir les mécanismes de transmission de plusieurs souches d'un hôte infecté au vecteur tique sur la structure des populations d'E. ruminantium a été évaluée, en conditions contrôlées sur des chèvres et des tiques A. variegatum. La mise en évidence des infections multiples a été faite par des PCR nichées map1 spécifiques qui permet la détection des souches dans un mélange contenant de fortes disproportions de concentration (10-4). Il ressort de ces expériences que la présence de deux souches dans une tique résulte beaucoup plus probablement d'un repas sanguin pris sur un animal infecté simultanément par deux souches présentes dans le sang à des doses détectables que du gorgement sur un animal ayant été successivement infecté par plusieurs souches. L'autre possibilité de co-infection provient de l'infection de la tique à deux stades différents, larve et nymphe, sur deux hôtes distincts. De plus, la capacité d'une souche à se multiplier et à circuler précocement chez l'hôte, lui permettant d'infecter un pourcentage élevé de tiques, pourrait avoir une influence sur sa fréquence allélique et sa distribution au sein d'une population d'E. ruminantium. Ces premiers résultats montrent l'intérêt des études portant sur les comportements des souches, la structure et la dynamique des populations, pour accompagner les recherches en vaccinologie. (Texte intégral)

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