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Instabilité des prix et intégration des marchés agricoles : déterminants et dynamiques - le cas du riz à Madagascar

Andriambelona A., David-Benz H.. 2013. In : La science rizicole pour la sécurité alimentaire à travers le renforcement de l'agriculture familiale et l'agro-industrie en Afrique : 3ème Congrès du riz en Afrique 2013, 21-24 octobre 2013, Yaoundé, Cameroun. Programme et résumés. Cotonou : ADRAO [Centre du Riz pour l'Afrique], p. 25-25. Africa Rice Congress. 3, 2013-10-21/2013-10-24, Yaoundé (Cameroun).

La filière riz présente un enjeu majeur pour Madagascar. Principale denrée consommée avec une moyenne d'environ 100 kg/tête/an, le riz est également la première source de revenus agricoles. Depuis les années 80, une place essentielle est accordée aux marchés afin d'assurer un meilleur approvisionnement et une stabilisation des prix du riz. La littérature portant sur la performance de marchés identifie plusieurs sources de défaillances expliquant la persistance de prix élevés et l'existence d'un déséquilibre, voire de pénuries alimentaires. L'intégration des marchés est vue comme pouvant réduire l'instabilité des prix, améliorant ainsi les revenus agricoles et les conditions d'approvisionnement des consommateurs. Des travaux menés sur l'intégration des marchés du riz à Madagascar ont conclu sur une relativement bonne intégration locale, mais beaucoup plus faible à l'échelle régionale et encore moindre au niveau national. Par ailleurs, Carimentrand (2011) note que certains bassins de production à potentiels importants restent sous-valorisés, du fait d'une mauvaise connexion au marché national, limitant la couverture des besoins nationaux et favorisant les importations. Ce papier a pour objectif de revisiter les précédents travaux à partir d'informations plus récentes et d'outils d'analyse différents pour comprendre la dynamique interne du marché et plus particulièrement fournir une vision précise de l'articulation, en termes de transmission des prix, entre zones excédentaires et zones déficitaires. Sur la base du dernier recensement agricole (2005) et des séries de prix de l'Observatoire du riz observés dans les 114 districts de Madagascar (de 2005 à 2011), les bassins de production et de consommation sont caractérisés suivant des indicateurs de niveau de prix et d'instabilité. Ensuite, des tests économétriques appliquant le modèle de co-intégration et le modèle vectoriel à correction d'erreur sont effectués pour analyser les mécanismes de transmission et d'ajustement à court et long termes des prix sur la base d'un échantillon de couples de marchés de production et de consommation. Les résultats mettent en évidence l'influence significative de la localisation des marchés sur les niveaux de prix. Les prix du riz sur le marché local sont élevés dans les zones productrices bien desservies mais faibles dans le cas inverse. Les zones en déficit structurel connaissent également des prix élevés. Par ailleurs, une forte instabilité caractérise les marchés étroits, peu déficitaires/excédentaires, alors que les variations saisonnières sont régulières dans les grands bassins de production disposant de moyens de stockage ainsi que dans les zones très déficitaires bénéficiant de l'effet stabilisateur du riz importé. Bien que la transmission des prix entre zones déficitaires et zones excédentaires soit très dynamique et aille au-delà des frontières de districts, le niveau d'intégration des marchés reste très hétérogène. Les coûts d'approche des districts déficitaires isolés et les asymétries d'information expliquent ces résultats, mettant en évidence l'enjeu d'investissements routiers. (Résumé d'auteur)...
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