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Ecologie et lutte contre les Culicoides vecteurs de la peste équine et de la fièvre catarrhale ovine au Sénégal

Fall M.. 2015. Dakar : Université Cheikh Anta Diop, 200 p.. Thèse de doctorat -- Entomologie, Thèse de doctorat -- Entomologie.

Depuis la mise en évidence de l'implication d'un insecte dans le cycle parasitaire et la dissémination d'une maladie, la lutte contre ces insectes est devenue une alternative pour contrôler les maladies à transmission vectorielle. La peste équine africaine est un exemple de maladie à transmission vectorielle dont l'agent causal, un virus, est transmis aux chevaux par les Culicoides (Diptera : Ceratopogonidae). C'est une maladie endémique au Sénégal (Afrique de l'Ouest) et la dernière épizootie date de 2007 avec la mort de 1 169 chevaux pour un coût total estimé à 1,4 millions d'Euros. En Afrique du Sud, les vecteurs impliqués dans la transmission de la peste équine africaine sont Culicoides imicola et C. bolitinos mais les espèces vectrices au Sénégal n'ont pas encore été déterminées. En outre, la lutte contre les Culicoides vecteurs reste très limitée par le manque de connaissances sur leur bio-écologie et faute de méthodes opérationnelles efficaces. Depuis 2011, plusieurs études ont été menées dans la région des Niayes du Sénégal pour une meilleure connaissance de l'identité des espèces vectrices et de leur bio-écologie afin d'élaborer des stratégies de lutte antivectorielle adaptées au contexte local. Ces études ont permis d'identifier 41 espèces dont 19 espèces nouvelles pour le Sénégal, portant la liste des Culicoides à 53 espèces recensées dans le pays. Parmi ces espèces nouvelles, se trouve C. oxystoma identifiée pour la première fois en région Afro-tropicale et aussi C. bolitinos le second vecteur du virus de la peste équine en Afrique du Sud. Ces travaux ont permis de mettre en évidence C. oxystoma, C. imico la et C. kingi comme les vecteurs potentiels de la peste équine africaine dans les Niayes. Culicoides oxystoma et C. imicola présentent des préférences trophiques orientées sur les chevaux avec des activités de vol crépusculaire et nocturne respectivement, la première espèce pouvant également être active le matin sous certaines conditions favorables de température et d'hygrométrie. Par contre, C. kingi préfère plutôt les bovins mais présente un comportement opportuniste en l'absence des hôtes privilégiés. Ces trois espèces incriminées présentent une sensibilité aux trois matières actives insecticides testées : la deltaméthrine a été le principe actif le plus toxique suivi de la perméthrine et du chlorpyrifos. On note toutefois une sensibilité réduite de C. kingi à la deltaméthrine. Les études préliminaires d'efficacité de produits insecticides (pour-on, moustiquaires imprégnées) que nous avons réalisées sur le terrain n'ont pas été très concluantes et soulignent la nécessité de poursuivre ces investigations dans le futur. D'autres études complémentaires apparaissent indispensables pour explorer au laboratoire la compétence vectorielle des espèces incriminées vis-à-vis du virus de la peste équine et identifier sur le terrain leurs gites larvaires et de repos. (Résumé d'auteur)

Mots-clés : expérimentation; perméthrine; deltaméthrine; composé organophosphoré; résistance aux insecticides; efficacité d'utilisation; insecticide; lutte chimique; contrôle de maladies; culicoides kingi; fièvre catarrhale du mouton; peste équine africaine; vecteur de maladie; identification; lutte anti-insecte; Écologie animale; culicoides; sénégal; culicoides bolitinos; culicoides imicola

Thématique : Organismes nuisibles des animaux; Maladies des animaux

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