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Analyse comparative, physiologique et moléculaire des effets de trois traitements masculinisants chez le tilapia du Nil, Oreochromis niloticus, et recherche de marqueurs de traçabilité liés à ces approches

Ouedraogo C.. 2014. Montpellier : Université Montpellier 2, 184 p.. Thèse de doctorat -- Ecosystèmes et sciences agronomiques.

La production de tilapias et surtout celle du tilapia du Nil Oreochromis niloticus (Linnaeus, 1758) connaît depuis 30 ans, une impressionnante croissance liée à ses nombreux atouts pour l'aquaculture. Toutefois, le contrôle du sexe conditionne la rentabilité de cette filière. En effet chez le tilapia du Nil le mâle présente une meilleure croissance que la femelle. Depuis les années 70, la production de populations monosexes mâles de tilapia du Nil est pratiquée dans la quasi-totalité des fermes aquacoles afin de bénéficier de la meilleure croissance des mâles par rapport aux femelles et de contrôler la reproduction précoce et continue chez cette espèce. Actuellement, l'inversion hormonale du sexe par la 17?-methyltestosterone (17MT) constitue la technique la plus utilisée pour produire les cohortes monosexes mâles. Toutefois, l'utilisation des hormones pour la production de poissons marchands soulève de nombreuses questions relevant de la sécurité alimentaire comme de la protection des travailleurs piscicoles et de l'environnement. D'autres approches sont donc recherchées. Elles reposent sur des approches génétiques, ou sur les effets masculinisants des fortes températures ou enfin sur l'utilisation d'anti-aromatase. Dans cette thèse, nous avons comparé les effets de trois traitements, utilisant respectivement la 17MT, le fadrozole (un inhibiteur de l'aromatase) et les fortes températures, sur des caractères d'intérêt zootechniques (survie, croissance) et sur l'expression de gènes clés de la différenciation du sexe dans les gonades et dans le cerveau des mâles induits (mâles 17MT, mâles anti-aromatase et thermo-néomâles). Parallèlement les mêmes analyses ont été menées sur des mâles et des femelles génétiques. Les fortes températures produisent des mâles dont la croissance est similaire à celle des mâles génétiques, confortant l'idée que les traitements thermiques pourraient constituer une alternative écologique aux utilisations des hormones pour la production de populations monosexes mâles chez le tilapia, sous réserve de sélectionner des souches à forte thermosensibilité. Le rôle positif des androgènes et/ou l'effet inhibiteur des oestrogènes sur la croissance est discuté. L'analyse des profils d'expression de gènes clés de la différenciation sexuelle suggère des régulations différentes dans le cerveau et dans les gonades. En particulier, l'amh et cyp19a1b sont très fortement stimulées dans le cerveau des mâles traités par la température ; inversement l'amh est inhibée dans le cerveau des individus traités par le fadrozole, suggérant une régulation directe ou indirecte de l'amh par l'aromatase. Dans les gonades des mâles induits, les niveaux de dmrt1 et amh sont surexprimés par rapport à ce qui est observé chez les mâles génétiques. Ce travail mériterait d'être complété par a) des études sur la fertilité des mâles induits b) des dosages des taux circulants de stéroïdes et de protéines dans le plasma c) des analyses histologiques ou immunohistochimiques du cerveau et des gonades et d) l'étude de l'expression d'autres gènes.

Thématique : Production de l'aquaculture; Génétique et amélioration des animaux

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