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Effets des pratiques agricoles sur les macro-arthropodes du sol dans les bananeraies de Martinique

El Jaouhari M., Damour G., Mauriol C., Coulis M.. 2022. Etude et Gestion des Sols, 29 : p. 77-91.

DOI: 10.18167/DVN1/FBZYCT

Les services écosystémiques rendus par la biodiversité du sol sont la clé d'une production alimentaire durable. En Martinique, la banane est la principale culture s'étendant sur 26 % de la surface agricole. Elle est cultivée en tant que monoculture d'exportation et subit une forte pression parasitaire nécessitant l'utilisation de produits phytosanitaires et la mise en oeuvre de pratiques souvent nuisibles pour la biodiversité du sol. Il est donc urgent d'identifier et de promouvoir les pratiques innovantes aidant à préserver cette biodiversité. Cette étude vise donc à déterminer l'effet des pratiques agricoles sur les macro-arthropodes du sol. Pour ce faire, nous avons sélectionné 25 parcelles de bananiers de manière à former un gradient de pratiques agricoles dans les agrosystèmes bananiers allant de pratiques agroécologiques aux pratiques intensives en intrants chimiques. Le gradient de pratiques comporte trois catégories représentant des pratiques agricoles contrastées : conventionnel, raisonnée, agroforesterie qui sont complétées par des forêts comme milieu non perturbé et des jachères comme état initial des bananeraies avant la plantation. De plus, nous avons étudié l'effet de la répartition des résidus de culture dans la parcelle, le petit inter-rang étant la zone où les feuilles de bananier sont déposées et le grand inter-rang étant la zone de passage des engins. L'abondance et la diversité des macroarthropodes du sol ont été mesurées par la méthode des quadrats, suivie d'une extraction de la litière et de sol par la méthode de Tullgren. Un total de seize ordres taxonomiques a été répertorié dans l'ensemble des parcelles de cette étude. Cependant, la diversité n'a pas significativement changé selon les pratiques agricoles. Nos résultats ont montré que l'abondance est plus élevée en parcelles raisonnées (1 187±146 ind/m²) que dans les parcelles conventionnelles (971±131 ind/m²). Les détritivores sont le groupe trophique le plus impacté par les pratiques agricoles intensives avec 517±118 ind/m² dans les parcelles agroforestières contre 141±20 ind/m² dans les parcelles conventionnelles. Les isopodes représentent le taxon le plus impacté par les pratiques agricoles intensives en intrants chimiques. D'autre part, à l'échelle intraparcellaire, nos résultats montrent que l'abondance des macro-arthropodes est 20 % plus élevée dans le petit inter-rang, où la masse de litière est plus importante, que dans le grand inter-rang. Cet effet est principalement dû à une forte augmentation de l'abondance des détritivores dans le petit inter-rang. Pour conclure, cette étude montre que la réduction des intrants chimiques et l'adoption des pratiques agroécologiques telles que l'agroforesterie et le paillage peuvent augmenter les populations des macro-arthropodes du sol, notamment les espèces détritivores qui jouent un rôle majeur dans la fertilité des sols.

Mots-clés : pratique agricole; arthropoda; agroécosystème; biologie du sol; agroécologie; impact sur l'environnement; services écosystémiques; plantations; musa; martinique; france; biodiversité du sol

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