Les défis que doivent relever les producteurs de banane de la Martinique et de la Guadeloupe pour une gestion durable de la cercosporiose du bananier - Rapport d'expertise
De Lapeyre de Bellaire L., Guillermet C.. 2016. Montpellier : CIRAD-PERSYST, 49 p..
La Guadeloupe et la Martinique ont depuis près de 40 ans été des références mondiales en matière de contrôle de la cercosporiose par avertissement biologique. L'arrivée de la cercosporiose noire en 2010 et 2012, puis l'arrêt successif du traitement aérien courant 2012 et 2013, ont profondément remis en cause le système centralisé et l'organisation collective de la lutte. Cette désorganisation a conduit à un système individualiste dans lequel chaque plantation met en oeuvre sa propre stratégie. La perte de référentiels techniques a conduit à une utilisation excessive de certains fongicides (triazoles), ce qui constitue aujourd'hui un risque majeur du fait de la probable perte de sensibilité de ces fongicides à moyen terme. L'analyse des données de traitement, ainsi que les entretiens avec des planteurs dans les deux îles, mettent en évidence une forte tendance à un emploi non justifié et parfois excessif de ces produits. Les décisions de traitement sont souvent anticipées par rapport aux besoins réels et les acquis de plus de 40 ans d'expérience sur la gestion de la lutte par avertissement ont très rapidement été battus en brèche. D'autre part, la crainte des producteurs de perdre le contrôle de la maladie, leur méconnaissance de cette dernière, et un accès facilité aux produits a entraîné un phénomène de surutilisation des fongicides, plus particulièrement des triazoles. En conséquence, là où auparavant on observait une différence de 1 à 10 traitements par an entre les différentes zones de traitement aérien, on observe aujourd'hui une différence de 2 à 18 traitements au sein de ces mêmes zones de traitement. Cette hétérogénéité non justifiée est la conséquence d'une gestion individuelle et seule une approche collective permettra de retrouver un équilibre durable. Des mesures fortes doivent être prises par les groupements afin de limiter l'usage libéral des produits dont la conséquence directe serait leur perte d'efficacité à court terme. Des recommandations sont fai
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Rapport d'expertise
Agents Cirad, auteurs de cette publication :
- De Lapeyre Luc — Persyst / UPR GECO
