Restauration des terres dégradées au Niger : déterminants de la survie et de la production de biomasse des espèces ligneuses indigènes
Alhassane Wourro F., Akodewou A., Kassi N'dja J., Hérault B.. 2026. In : Congrès d'écologie d'Afrique de l'Ouest (EcoAO). Livre des résumés. Paris : IEES, p. 3. Congrès d'écologie d'Afrique de l'Ouest (EcoAO 2). 2, 2026-05-11/2026-05-13, Abidjan (Côte d'Ivoire).
La dégradation des sols est un obstacle majeur au développement durable au Sahel. Pour y remédier, des efforts de restauration des sols à grande échelle combinent des ouvrages de conservation de l'eau et des sols/défense et restauration des sols (CES/DRS) avec la plantation d'espèces ligneuses indigènes. Cette étude a évalué la survie et la production de biomasse aérienne de 2 097 arbres d'âge variant entre 55 et 247 mois et appartenant à six espèces indigènes (Acacia nilotica, Acacia raddiana, Senegalia senegal, Vachellia seyal, Bauhinia rufescens et Ziziphus mauritiana) plantés sur 14 sites restaurés dans des conditions biophysiques et de gestion variables. Nous avons appliqué la modélisation bayésienne pour analyser les probabilités de survie (via une régression logistique) et l'accumulation de biomasse (via une régression log-normale) Les taux de survie varient de 44 % à 62 %, tandis que la production de biomasse aérienne varie considérablement, de 1,6 à 142 t/h. Parmi les ouvrages CES/DRS, les tranchées de reboisement ont montré l'effet positif le plus marqué tant sur la survie que sur la biomasse (jusqu'à +260 %), suivies par les cordons pierreux, la combinaison cordons+tranchées et les demi-lunes. En revanche, les banquettes et les combinaisons tranchées et murets sont associées à une réduction de la performance des plantes. Les pratiques de gestion ont eu un impact déterminant : les sites faisant l'objet d'une gestion active (surveillance, entretien et replantation) ont affiché les taux de survie et les niveaux de biomasse les plus élevés, tandis que les sites non gérés ou faiblement gérés ont obtenu des résultats nettement inférieurs. Une plus grande diversité des espèces a favorisé la production de biomasse, mais a parfois réduit le taux de survie, ce qui suggère un compromis dépendant de la compatibilité des espèces et des conditions du site. Les résultats observés soulignent la nécessité d'adopter une approche prenant en compte les interactions complexes
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